Hommage à Paul Gilliéron

Paul Gilliéron

Une figure du sport genevois s’en est allée

HommagePaul Gilliéron a beaucoup fait pour les élèves du canton, mais aussi pour les sportifs souffrant de handicap.

«Il est parti serein», se réjouissent ses proches, malgré l’immense vide laissé par le décès de cette figure du sport genevois. Car Paul Gilliéron – 82 ans – a assurément marqué de son emprise ce domaine qui l’a conduit au poste d’inspecteur cantonal d’éducation physique.

«Il avait un charisme certain et cette petite pointe d’humour qui séduisait tous ses collègues», rapporte Gérald Carrier, ancien enseignant de gymnastique, adjoint de Paul Gilliéron à l’Inspectorat d’éducation physique. «On se connaissait depuis 1967. Une amitié de 52 ans, lâche-t-il, ému. Il a tant fait pour le sport genevois et le sport scolaire en particulier…»

L’ancienne conseillère d’État, Martine Brunschwig Graf, abonde: «Une référence dans le monde sportif et le lien direct avec le Département de l’instruction publique que je dirigeais alors.» Au DIP, c’est avec André Chavanne qu’il a travaillé le plus longtemps, mais à entendre son entourage, il s’est très bien entendu avec la magistrate libérale, durant ses dernières années de carrière, jusqu’à sa retraite en 1998.

«Un vrai passionné qui m’a permis de prendre conscience de l’importance du sport, poursuit Martine Brunschwig Graf. Il avait notamment lancé des jeux transfrontaliers qui réunissaient personnes handicapées et valides. Un formidable exemple d’intégration par le sport!»

«Fidèle et modeste, cet homme de projets et d’amitié a œuvré pour des causes nobles, telles le développement du handisport», atteste l’avocat Olivier Carrard. Cet ancien champion d’Europe d’escrime a rencontré Paul Gilliéron alors qu’il souhaitait, lui-même, devenir membre du Panathlon Club Genève: «Paul a été mon parrain. Sous son impulsion visionnaire, notre groupe s’est élargi et démocratisé. Aujourd’hui, on veille à le féminiser et à le rajeunir*.»

«Au-delà de sa passion pour le sport, le papa des profs de gym, comme nous l’appelions, était un gros bosseur, conclut Gérald Carrier. Son grand sens de l’organisation lui a permis de réaliser de nombreux projets, tels les camps de ski et les classes sport études. Grand adepte du sport pour tous, il avait aussi lancé des journées intitulées: «Les handicapés invitent les valides», lors desquelles, une fois par an, des sportifs genevois affrontaient ceux de l’Ain et de la Haute-Savoie.»

Organisée, cette riche personnalité au regard turquoise l’était assurément. Paul Gilliéron avait notamment immortalisé ses trente ans d’éducation physique et de sport (1960-1990) dans les écoles secondaires dans un généreux document de 125 pages. Un modèle d’engagement et de capacité à réunir des énergies, ce qui avait fait de lui un véritable pilier du sport genevois.

Toutes nos pensées vont à sa famille et plus spécialement à notre chère collègue et amie, Pasqualine.

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